10 06 2014

Le poids des mots

Catégorie : Hors sujet

Les graphistes aiment parler chiffon entre eux et débattre sur les différentes versions ou évolutions d’une interface web : sur ses couleurs, ses icônes, ses typographies, l’utilisation du flat ou du skeuomorphisme, de la présence ou non d’ombres, etc. Il y a toujours un débat plus ou moins ouvert via Twitter sur ce sujet. Pour résumer, ça tourne toujours autour du nombriliste « moi, j’aurais fait mieux et pour moins chère ».

L’esthétique est discutable et le restera en s’alimentant de la mode et de ses tendances, mais du contenu, qui en parle ?

Pourquoi ces mêmes concepteurs ne parlent pas de l’écrit ?

J’y vois trois raisons : Ce n’est pas sexy. Visuellement, 15 modifications d’une seule phrase n’équivalent pas à 15 maquettes. Ce n’est pas facile. La plupart d’entre nous n’avons pas été formés pour écrire de manière attractive. Ce n’est pas fédérateur. Nous partons du principe que les gens ne lisent pas. Le pape Jakob Nielsen a montré que les gens ne lisent pas sur le web : en moyenne 20% des mots sur une page. (Petit parallèle avec IE : quand sa version 6 est passée sous la barre des 20 % d’utilisateurs, certains concepteurs ont rapidement établis que l’on pouvait désormais l’oublier :-)

En conséquence, les graphistes sous-estiment le texte, la profusion de maquette en latin ou pire en « xxxx » en témoigne. Comme en témoigne également la multiplication de maquettes en blanc ou de redesigns non sollicités. Je ne dis pas, ces maquettes sont très belles visuellement, très (trop) tendance, mais ne tiennent pas compte du copywriting et des contraintes éditoriales d’un vrai projet.

Qui s’en soucie ? Les gens ne lisent pas de toute façon. Et si ils ne lisent pas justement parce qu’ils savent ce qu’ils vont y trouver ?Entre le discour formaté du président, les répétitions de texte pour la SEO ou les baselines des logos transposables à tout le monde, qui peut s’y intéresser ?

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